Retour sur les idées et enjeux qui sont à l’origine de la création de l’association
PYM était en fin de parcours et deux motivations pour la création de cette association:
- A chaque fois qu’on tentait de faire quelque chose on se heurtait à la SVM. C’était pathétique car à chaque fois on essayait de décrire, notamment aux médecins en formation, le fait que le métier de médecin c’est un métier tout de même particulier. Les assureurs finalement sont tenus de rembourser tout ce que vous ferez et vous serez sous surveillance de l’Etat (notamment le Conseil de médecine). Vous êtes sous protection et contrôle de l’Etat parce que l’on souhaite que vous soyez indépendants. Face au patient dans une relation de confiance. C’est ça la médecine libérale: ne répondre qu’au besoin du patient, qui doivent être les seules choses qui comptent. J’essayais de tout faire pour lutter contre la rémunération à l’acte, etc. et je me heurtait à la vision étroite de la SVM, pour qui seule l’inscription au registre du commerce compte. Un médecin salarié, dans cette optique, ce n’est pas un médecin. Je leur disais pourtant: l’ambulatoire hospitalier prend de plus en plus d’importance. Et à chaque fois que j’essayais de mettre de l’argent dans la communauté, vous hurlez à l’étatisation de la médecine. L’idée cela aurait été de confier des tâches de mission publique aux médecins. Certes cela aurait été plus d’objectifs et de contrôle, mais cela aura permis de développer et maintenir les cabinets indépendants. Donc il fallait challenger la SVM, qui finalement ne représente qu’une partie de la médecine.
- La seconde c’était d’avoir un interlocuteur comme les juristes progressistes. Un groupe plus progressiste avec qui on peut avoir une discussion.
Au départ c’est vrai que je pensais plutôt à un truc de médecins et puis l’association s’est élargie.
Après c’est vrai que j’ai suivi de loin. J’ai vu que la partie environnement prenait de la place, ce qui est bien.
Discussion autour de la notion d’environnement.
PYM a lu le mail. Il semble que tous les enjeux sont là. Ce qu’on constate c’est que si on met tout ensemble c’est évidemment beaucoup. Au niveau du financement c’est vrai que tout est là, mais je vois que la bataille se joue sur la valeur du point. J’ai tenté pendant des années de repousser le débat, en introduisant une idée de double valeurs, entre la médecine de proximité et les spécialistes.
La force de l’association c’est que dans le domaine de la santé il y a la primauté des partenaires tarifaires. La convention tarifaire c’est puissant. Il y a des possibilité de valoriser des actes mieux que d’autres.
Le problème au niveau de l’Etat c’est qu’on voyait les pires et que franchement on n’avait peu de marge de manœuvre. Le problème c’est que pour quelques cas franchement malhonnêtes, cela péjore l’ensemble de la branche.
Il y avait quelques rares médecins praticiens, dont Philippe Vuillemin. Mais tout à coup lors de la levée de la clause du besoin, des Français se sont installés et avec l’aide de quelques conseillers économiques, ils ont trouvé le moyen de faire de l’argent. Berset et Peters ont vu le problème passé, ont baissé le taux et cela a finalement pénalisé les médecins praticiens du début.
Une convention tarifaire un peu solide donnerait à l’association qui la signe, la possibilité à l’association de faire des contrôles par les pairs. Là pour le moment ce sont les assureurs, chacun avec sa méthode, qui contrôle. Il ne faut pas oublier que les assureurs, ce qui leur rapporte ce sont les complémentaires. Or, pour qu’une complémentaire existe, il faut une clinique. Pour qu’une clinique existe, il faut un généraliste. Donc au final, ce sont les généralistes qui tiennent le couteau par le manche.
Il y a aussi de la surfacturation au niveau des infirmiers. Si l’initiative passe, cela risque de s’étendre. Cela restera certainement modéré.
Si j’ai un conseil à donner c’est que le conflit qui pourrait s’ouvrir sur la valeur du point dans le canton de Vaud, pourrait vous donner l’opportunité de sortir du bois. La bataille légitime c’est d’obtenir une convention tarifaire pour les médecins qui valorisent plus le temps relationnel, la première ligne, la santé communautaire. La crise COVID a démontré que nous sommes dans un système d’abondance mais avec une immense précarité sanitaire. Cela me rappelle cette lettre que je reçois un mois de juillet du directeur de la maternité d’Yverdon qui m’informe que dans dix nuits, la maternité fermerait pour trois mois. Cette situation résultait de deux démissions et que, malgré le recrutement, aucun pédiatre n’est disponible. Dans un Canton où il y a 4 milliards pour la santé, plus 2 milliards via l’AOS, on n’arrive même pas à recruter deux pédiatres. J’ai donc fait une séance de crise et le seul moyen que j’ai trouvé c’est de replacer deux chefs de clinique du CHUV, dont la maternité était déjà fragilisée.
Donc, dans un monde où la seconde ligne est toujours mieux payée, mieux traitée, forcément on forme toujours plus, des troupes qui vont ensuite dans la seconde ligne.
Le seul vrai problème c’est la convention.
Le conflit tarifaire qui s’annonce vous ouvre une brèche.
Si tu axes le truc sur l’aiguillage. On ne peut pas continuer comme ça. Si tu dis à un authentique libéral, « si le médecin ne se réapproprie pas, via un mécanisme qui rend compte des vrai besoin de la médecine du futur » alors fatalement cela va conduire à l’étatisation du système de santé.
Il y a une alliance à faire avec Bertoncini et les pédiatres. Sur ce point de la valeur du point, si vous avez les pédiatres, les gynécologues et les psychiatres qui ont le goût du service public, des personnes qui sont dans les permanences, si vous faites une coalition sur cette notion de « première ligne »…
Roland indique que le risque c’est que la première ligne ne soit plus occupée que par des infirmiers qui seront pilotés par le diagnostic de médecins en seconde ligne. Donc pour éviter cela il faut que les médecins demeurent sur le terrain.
Stratégies pour l’avenir
Présentation de la stratégie de la pétition.
Ouais mais tu vois, si t’as un gate keeping avec le généraliste qui n’existe pas, cela ne fonctionne pas. Il faut une rapidité et une indépendance dans l’orientation. Tout ça, cela passe de nouveau par la convention tarifaire et des conventions de l’Etat pour motiver ces acteurs.
Vous votre public cible ce sont les médecins.
Si vous mettez ensemble les généraliste, les psychiatres de première ligne, les pédiatres, les gynécologues et que tous ses médecins mettent à une AG de la SVM une demande de révision de la convention tarifaire.
Si vous obtenez cela, si la SVM ne le fait pas, il faut une menace de démission des membres et la négociation de leur propre convention tarifaire.
Si l’initiative pour les soins passe: il faudra négocier une nouvelle convention tarifaire
Si Rebecca Ruiz tient: il y aura un conflit tarifaire.
C’est clair il vont vous dire, le TARMED ne vous laisse aucune marge de manœuvre. Ce n’est pas vrai.
Il y a un type qui a compris cela c’est Marcel Ménil, de l’association des pharmaciens. Lui il a compris il y a dix ans qu’il fallait décorréler le prix des médicaments et la rémunération des pharmaciens. Désormais, la moitié de la rémunération est liée à l’acte de remise du médicament et non son prix.
Il n’y a pas de santé publique. Il y a des acteurs différents, qui gèrent chacun de leur côté un bout du système.
Les 3 milliards par année, c’est dans les mains des partenaires tarifaires.
Conversation fin de soirée
Discussion sur les objectifs et la méthode.

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